A LA UNEÉditorial

Le Roi Mohammed VI au Parlement : A Maroc nouveau, cap nouveau…

Par Hassan Alaoui

L’ultime épisode du renouvellement démocratique est désormais parachevé avec l’installation le 7 octobre d’un nouveau gouvernement et l’élection des deux présidents aux chambres des représentants et des conseillers. Et surtout avec le magistral discours prononcé par le Roi Mohammed VI en distanciel à l’adresse de la nation. Une page qui tourne. 

A distance, mesures sanitaires obligent, devant une enceinte parlementaire réunissant les deux Chambres, inédite en grande partie, aux atours colorés d’autres empreintes, image désormais imposée d’un modernisme exigeant et reflet des sauts qualitatifs multiples, le Roi Mohammed VI, chef de l’Etat, chef suprême des forces institutionnelles, gardien de la Nation , a prononcé le Discours d’ouverture du Parlement. A tous points de vue, cette allocution magistrale qui est au pays ce que l’acte fondamental est à la démocratie, marquera un tournant majeur.

Il survient au lendemain d’un grand et triple scrutin, de la nomination par le Souverain d’un nouveau gouvernement dont la composition s’inscrit, trente jours après la désignation de M. Aziz Akhannouch comme son nouveau chef, dans une ambition affichée. Celle enfin du renouvellement des équipes, de la péréquation partisane en respect de son équilibre, ensuite – ce qui ne gâte rien et mérite d’être souligné – de la présence remarquable des femmes. Autrement dit, en attendant encore l’arrivée des secrétaires d’Etat, un tiers du total des membres du Cabinet. La consécration des femmes est en effet double , parce que le choix de pas moins de sept parmi elles témoigne d’une avancée considérable et , d’autre part, l’hommage que le Roi leur rend officiellement exauce en quelque sorte ses vœux. Il est le premier à les hisser sur le podium de l’échiquier national et de bousculer les schémas traditionnels pour leur accorder la place qui leur revient.

Après s’être félicité de la « bonne organisation » et du succès des élections du 8 septembre dernier – auxquelles la communauté internationale rend un vibrant hommage – , le Roi a déclaré que « cette législature s’amorce à un moment où le Maroc entre dans une phase nouvelle qui requiert la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques ». Les deux derniers mots de cette phrase ont , en effet, valeur de symbole et le Souverain les met en exorde pour bien approfondir sa pensée à ce qu’il nomme les « défis extérieurs »…Dans le cadre des trois axes proposés, il met en premier lieu ce tropisme : « Nous soulignerons d’abord la nécessaire consolidation de la place occupée par le Maroc et la défense impérieuse de ses intérêts supérieurs, particulièrement dans la conjoncture présente qui charrie dans son sillage défis, risques et menaces ». Comme dit l’adage, le poids des mots est lourd, ici, et la force de l’image qu’il suggère est d’autant plus d’actualité que l’environnement régional au milieu duquel évolue le Royaume du Maroc n’est pas seulement instable mais nolens volens hostile…

Mohammed VI y est d’autant plus sensible qu’il veille comme une vigile sur notre stabilité et notre quiétude. Il convient de lire entre les lignes le message royal, où subtilité de langage accompagne une volonté politique réaffirmée. Si le Souverain procède à un découpage thématique en trois priorités structurales , s’il accorde à chacune d’elles sa propre dimension, c’est pour mieux nous prévenir de leur filiation. Il est clair qu’en abordant en premier lieu la question de la « souveraineté nationale » , il entend mettre en évidence l’expérience que le Maroc place en avant en matière de défense de ses acquis et de son indépendance face à la pandémie du Covid-19 et de la stratégie mise en œuvre pour la combattre, sachant que la souveraineté commence et finit par la capacité de ne guère dépendra des autres. Mettant l’accent sur l’impératif de sauvegarde de notre production nationale, industrielle, alimentaire, médicale, sanitaire, énergétique, il a aussi rappelé que « si de nombreux pays ont connu d’importants dysfonctionnements dans la fourniture et la distribution des produits de première nécessité, le Maroc a réussi, lui, à gérer ses besoins en la matière et à assurer un approvisionnement normal et suffisant de ses marchés ». Or, plus qu’un défi que notre pays a relevé en cette période de pandémie, il s’agit d’une leçon qu’il a donnée aux autres pays, et le mot n’est pas fort, tant il est vrai que certains d’entre eux et non des moindres – notamment les Etats-Unis – n’ont pas manqué de saluer la justesse et la vision royales dans cette bataille sanitaire que le Royaume est, de toute évidence, en train de gagner.

Il convient de mettre en exergue la transition heureuse que le Roi a introduite entre les succès de la campagne vaccinale du Maroc et le paradigme des exploits parallèles en matière de croissance, de maîtrise de l’inflation , d’investissements en provenance de l’étranger, de projets en cours et qui sont l’autre dimension gémellaire et cohérente de ce qu’on est d’ores et déjà en droit d’appeler le modèle national. L’appel royal à l’implication forte des élus, du gouvernement et des citoyens dans le nouveau projet de développement, précisément dans le nouveau modèle, résumé en cette double formule de « responsabilité et de patriotisme », semble à vrai dire rythmer un discours de méthode. Le Maroc passe d’une époque à l’autre, et à présent, plus que jamais, il accomplit la mise en place d’une vision qui allie cohérence et efficacité s’impose. S’il est vrai de dire qu’une nouvelle page s’ouvre, portée par un nouveau projet de société, adossé à une ambition nationale, il est n’est pas moins vrai d’affirmer qu’elle s’inscrit dans le sillon que le Roi Mohammed VI, avec pertinence et une volonté à toute épreuve, trace depuis vingt-deux ans bientôt.

Dans le discours magistral qu’il vient de prononcer devant les deux chambres du Parlement, il fixe le cap, nous invitant à quitter la tentation d’un repli quelconque, à lutter contre l’inertie et à apprécier à leur juste valeur les efforts déployés depuis deux décennies, les résultats et les gains en tous domaines, l’espérance qu’une politique sage et déterminée suscitent en chacun de nous. Le message de Sa Majesté Mohammed VI est à la pédagogie nationale ce que le réveil de l’espoir est à un pays qui, bon an mal an, décomplexé malgré les défis et la pandémie, poursuit sa route irréversible vers le progrès, la paix et la sécurité. Incontournable acteur de la scène internationale, le Maroc ne joue pas les apparences, mais donne force de loi à la substance, aux projets de développement, à la prospérité et au bien-être de son peuple, à la solidarité continentale avec l’Afrique enfin.

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