L’économie algérienne est à bout de souffle et menace de plonger le pays dans la faillite

Suite à l’effondrement des cours de pétrole, l’économie algérienne, qui s’est construite sur l’argent des hydrocarbures, est aujourd’hui à bout de souffle et menace de plonger le pays dans la faillite, écrit l’hebdomadaire français «Valeurs actuelles». 

Avec l’effondrement des cours de pétrole en 2014, dont l’exportation rapportait chaque année entre 40 et 50 milliards d’euros à l’Etat, la machine économique «s’est grippée». Le prix du baril a été divisé par deux et, pour compenser, l’Etat a commencé à piocher dans son trésor, explique l’hebdomadaire, qui consacre dans son dernier numéro un dossier en 14 pages à l’Algérie sous le titre «la Bombe algérienne».

«Mais même cette possibilité arrive à son terme : de 200 milliards de dollars en 2014, les réserves de change ont fondu de moitié et sont désormais tout juste supérieures à 100 milliards», relève la publication en soulignant que «pour maintenir un semblant de stabilité, l’Algérie a tiré sa dernière cartouche et sorti la planche à billets».

«Avec les mêmes conséquences que les autres pays qui l’ont fait : l’inflation s’envole et le cours des denrées alimentaires aussi », ajoute-t-elle en avançant que «si elle souhaitait se relancer, l’Algérie serait dans l’obligation de mener un programme de réformes importantes». Le problème c’est que « personne n’est prêt à faire l’effort», ni les élites qui ont la mainmise sur les rentes pétrolières, ni la population qui bénéficie des transferts sociaux, observe l’hebdomadaire.


«Valeurs actuelles» indique, à cet égard, que sur le plan social, les rentes des hydrocarbures, qui représentaient 97 pc des exportations du pays, permettaient aussi à l’Etat «d’acheter la paix sociale». «A chaque mouvement d’humeur de la population, le pouvoir mettait sur pied de nouveaux transferts sociaux : embauches massives dans la fonction publique, quitte à proposer des emplois sans mission, subvention des biens de consommation à hauteur de 20 milliards d’euros par an. Même les Algériens qui ne travaillent pas pour l’Etat bénéficient de ses largesses», observe la publication.

Dans un article sous la plume de l’écrivain algérien Boualem Salsal, l’hebdomadaire a noté que l’Algérie a battu ces dernières années des records mondiaux dans plusieurs domaines sensibles dont la fraude électorale, la corruption au sommet de l’État et la fuite des cadres et des capitaux. Il a également relevé que ce pays a battu des records mondiaux en matière de déperdition scolaire, de suicide des jeunes filles, de viol, de kidnapping, d’émigration clandestine, des grands trafics, de règlement de comptes, des décès inexpliqués dans les hôpitaux, les prisons, les commissariats, les cantines scolaires.

Dans les rapports annuels des ONG qui classent les pays selon divers critères, l’Algérie tient son rang dans le peloton de queue, parmi les grands champions du désastre intégral, a-t-il fait observer, notant que “les Algériens sont les rois de la débrouille, ils habitent des bidonvilles, mangent des pierres, sucent des racines, se lavent avec du sable, mais réussissent à garder en eux la flamme de l’espoir“.

On la trouve dans la drogue ou dans la religion et le commerce des produits magiques qui fleurit aux abords des mosquées (il s’en construit treize à la douzaine par jour) ; ou on s’investit à fond dans la possibilité d’une émigration réussie, ou on se regarde mourir à petit feu“, relève l’écrivain, ajoutant que traumatisé par la décennie noire, le peuple algérien n’a plus de ressorts.


«Valeurs actuelles» s’attarde, dans un autre article, sur l’exaspération atteinte par le peuple algérien dans un pays en quasi-faillite et l’espoir que les Algériens nourrissent de partir ailleurs, en s’appesantissant sur le cas de l’Espagne et, surtout, de la France, l’ancienne puissance colonisatrice.