Le rôle du Parlement dans la mise en oeuvre de la stratégie de développement durable 2016-2030 revêt une dimension transversale

Le président de la Chambre des conseillers Hakim Benchamach a affirmé, jeudi à Rabat, que le rôle du Parlement dans la mise en oeuvre de la stratégie du développement durable à l’horizon 2030 revêt une dimension transversale, de par son autorité constitutionnelle d’exercer le pouvoir législatif, contrôler l’action gouvernementale et évaluer les politiques publiques.

Dans une allocution à l’ouverture d’une conférence parlementaire de la Chambre des conseillers sous le thème: “Objectifs du développement durable à l’horizon 2030”, organisée avec le soutien de la Fondation Westminster pour la démocratie, avec la participation du Haut-Commissariat au plan (HCP) et du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), M. Benchamach a indiqué que l’adhésion effective du Parlement dans la mise en oeuvre de la stratégie du développement durable, relève sans doute, de son action visant à assurer les mécanismes de prise en charge transversale des rôles de législation et de contrôle et de la mobilisation des ressources humaines à travers les budgets nationaux, outre ses fonctions de représentativité des différentes catégories de la société dans la prise de décision.

Les parlements ont également contribué activement à l’élaboration des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, notamment à travers des conférences et des événements mondiaux relatifs à ce sujet, a-t-il encore relevé, notant que le contexte socio-économique de la nouvelle stratégie est différent du contexte de la stratégie précédente, vu qu’il se caractérise par l’apparition de nouveaux besoins matériels et culturels au sein de la société marocaine et de l’accroissement de l’expression de ces besoins par de nouvelles catégories sociales, y compris les jeunes, les femmes et les organisations de la société civile.

M. Benchamach a également fait savoir que la Constitution de 2011 a interagi avec ce nouveau contexte et répondu à ses exigences, à travers la consécration constitutionnelle de ses dimensions démocratiques et la mise en place d’un cadre institutionnel adéquat pour le dialogue, la proposition et la participation au profit de toutes les catégories sociales, à travers l’inscription dans la Constitution des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux de base, ainsi que la mise en oeuvre des mécanismes et principes obligeants, permettant d’assurer l’application effective de ces droits.


Il a ajouté que l’adoption effective de la stratégie de développement durable par la Chambre des conseillers consiste en l’adoption du Centre de recherches et des études parlementaires qui en relève d’un programme d’action d’une durée de deux ans, dont les contenus et les initiatives sont basés sur les ODDs.

Pour sa part le Haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, a souligné que le Maroc a joué un rôle important dans la prise de décision d’élaboration des ODDs à l’horizon 2030 par les Nations unies.

M. Lahlimi a expliqué que ces objectifs ne sont pas sectoriels mais plutôt cohérents et homogènes dans leurs contenus et la méthodologie de leur application ainsi qu’au niveau des politiques qu’ils prévoient, ce qui en fait un sujet de suivi et d’évaluation, notant que le rôle du parlement dans ce sens, est “vital et nécessaire, et se poursuivra avec plus d’intensité par rapport aux Objectifs du troisième millénaire (OMD)”.

Il a relevé en outre que le HCP a pris le dispositif nécessaire en vue de mettre en place les indicateurs nécessaires et les outils d’analyse pour le suivi et l’évaluation, soulignant que l’action du Haut commissariat touchera à l’ensemble des institutions constitutionnelles.


Pour sa part, le représentant du PNUD a fait savoir que les objectifs du développement à dimension mondiale concernent tous les pays et permettent une interaction entre l’économique, le social et l’environnemental.

Il a aussi souligné que ces objectifs détermineront les décisions qui seront prises à l’horizon 2030, notant l’existence d’une unanimité sur l’adhésion des parlements du monde à la mise en oeuvre et la réalisation des ODDs.

Il aussi précisé que les parlementaires du monde ont contribué à la définition des ODDs, de même qu’ils auront leur rôle dans le suivi de la mise en oeuvre et la réalisation de ces objectifs, ajoutant que l’objectif 16 relatif à la gouvernance, notamment la 6ème et la 7ème parties portant sur la mise en place d’institutions efficaces, transparentes, soumises à la responsabilisation, garantissant la prise de décision de manière participative et représentative, et permettant de répondre aux besoins de tous, concerne directement les parlementaires.

De son côté, la représentante de la Fondation Westminster pour la démocratie, Dina Melhem, a noté que tous les pays du monde ont déjà commencé la planification des efforts permettant d’atteindre les ODDs au cours des 15 années prochaines, en vue de mettre fin à la pauvreté et lutter contre les inégalités.


Elle a également mis en avant le rôle du parlement dans ce sens, à travers la mise en oeuvre de mécanismes efficaces au niveau de l’adoption des lois, et du contrôle parlementaire, ainsi que des mécanismes d’action et de coopération avec les institutions de la société civile et les autres acteurs.

Cette conférence a été axée autour de la définition des acquis du Maroc dans la mise en oeuvre des ODDs, à travers l’adoption de l’approche juridique pour la réalisation des ODDs et l’évaluation de ses résultats, ainsi que la définition des paris permettant d’atteindre les ODDs.

La conférence a porté également sur le rôle du parlement dans la réalisation des ODDs, le contrôle parlementaire, en tant qu’outil d’évaluation continue des interventions de l’Etat dans la réalisation des ODDs et l’usage de la prérogative d’évaluation de politiques publiques au service de la mise oeuvre des ODDs.