Transport public : Quand le tramway tire Casablanca vers le haut

Par Hassan Riad

Sous l’intitulé de « Bilan opérationnel 2015 », et en présence du président du Conseil de la Ville, Abdelaziz El Omari, Youssef Draïss , directeur général de Casa Transports SA a présenté, mercredi soir, aux élus et à la presse les réalisations de Casa Tram. Un bilan marqué à l’évidence au sceau du succès et des bonnes perspectives. Youssef Draïss, qui était aussi flanqué des représentants du groupe partenaire français Alsthom, a annoncé des chiffres qui attestent à la fois d’une marche inexorable et des défis majeurs, inscrits dans le schéma des futures lignes qui sont en cours de construction et qui, à terme, arriveront vers Lahraouiyine et Rahma…

Le Maire du Grand Casablanca a retracé dans son allocution le parcours de ce projet qui met en exergue trois paramètres fondamentaux : l’investissement, l’exploitation et la qualité de service. Il s’est félicité tout naturellement des réalisations, soulignant l’impératif d’un « travail collectif ». Youssef Draïss, quant à lui, n’est pas allé par quatre chemins pour mettre en exergue la tendance haussière et l’impact sur les populations. « Les objectifs commerciaux et de fréquentation sont atteints et même légèrement dépassés », selon lui. Il a affirmé que l’année 2015 se caractérise par des performances et la consolidation des résultats. « Les résultats de cette année, a-t-il affirmé, en termes de fréquentation et de qualité de service, confirment la bonne intégration du tramway dans l’environnement des Casablancais, son adoption comme moyen de transport privilégié par une large frange des habitants, ainsi que la pertinence des actions menées depuis trois ans maintenant ». Le mot d’ordre est de « respecter les engagements proclamés vis-à-vis des populations casablancaises », a affirmé le directeur général de Casa-Transports.

Par rapport à l’année 2014, le taux de fréquentation a connu une hausse de plus de 15% et à la date du 12 décembre dernier, soit 3 ans après le lancement du tramway, le nombre de voyageurs a totalisé le chiffre de 32.328.247. Au mois de mars dernier, on a compté 3.189 785 voyages, chiffre d’autant plus record qu’il donne la mesure des capacités exponentielles de ce moyen de transport. Ces chiffres record ne traduisent pas, en revanche, un succès commercial puisque l’activité  en 2014 demeure déficitaire. Le montant des recettes représente quelque 182 millions de dirhams. Pour 2015, le déficit d’exploitation atteint le chiffre de 80 millions de dirhams, supporté par l’Etat, notamment les ministères de l’Intérieur et des Finances, mais aussi par la Commune de Casablanca. Il convient de rappeler, à commencer par la Régie autonome des transports parisiens (RATP) qui est le partenaire et le modèle du projet casablancais, qu’aucun transport public de grandes villes de par le monde n’est bénéficiaire, toutes branches confondues.


C’est dire que chaque déplacement est subventionné à hauteur de 40% par ces trois partenaires. Youssef Draïss a souligné que, sur les traces du succès de la première ligne T1, le lancement des travaux de la 2ème ligne se fait en concertation et en coopération entre Casa Tram et le Conseil communal, mettant en exergue un harmonieux partenariat, dans le cadre du Plan de développement de la Ville 2015-2020. D’ores et déjà les travaux de la 2ème ligne sont sur la « bonne voie » – c’est le cas de le dire -, leur financement de 18 milliards de dirhams prévu et ponctionné sur les 34 Milliards mobilisés en faveur du développement de la Ville, entériné en septembre 2014 par le Roi Mohammed VI. La deuxième ligne comprendra pas moins de 15 kilomètres, reliant le boulevard d’Anoual, al-Fida, la Grande ceinture, Mers Sultan, Hay Mohammadi, la gare des chemins de fer de Aïn Sebâa et Sidi Bernoussi.

Autant dire que le visage de Casablanca se transfigure à vue d’œil, le transport public jouant la locomotive du développement. Avec ses 120.000 voyageurs potentiels par jour, ses risques d’accidents en baisse, la ferveur des déplacements confortables, l’adhésion au principe de modernité, la ville de Casablanca est un miroir…