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Attaques à répétition contre des postes de sécurité en Côte d’Ivoire : Le CNS durcit le ton et préconise la fermeté

Attaques à répétition contre des postes de sécurité en Côte d’Ivoire : Le CNS durcit le ton et préconise la fermeté

Face à la prolifération, ces derniers mois, des attaques armées contre les postes de police et de la gendarmerie en Côte d’Ivoire, et des évasions spectaculaires de prisonniers, le Conseil National de Sécurité (CNS) s’est réuni jeudi à Abidjan, sous la présidence du Chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Première consigne donnée : plus de fermeté dans le traitement des questions sécuritaires.

Les Forces de Défense et de Sécurité ont, à cet effet, reçu des instructions de la haute instance sécuritaire du pays, pour agir avec la plus grande fermeté dans la traque des auteurs et des instigateurs de ces attaques, afin de les traduire devant la Justice.

Place serait désormais donnée à la vigilance et à la tolérance 0, face à ces actes qui selon, le CNS, visent en définitif à créer un climat de psychose, et à déstabiliser un pays, longtemps déchiré par des crises politico-militaires, dont la dernière fut celle postélectorale de 2010-2011 au cours de laquelle, on démembre quelques 3000 morts, selon les chiffres officiels de l’ONU. Le gouvernement ivoirien a aussi rassuré les populations,  que des dispositions sont prises pour garantir leur quiétude, et apporter une réponse vigoureuse à ces actes criminels.

Depuis le début de l’année 2017, pour rappel, ces attaques armées contre des postes de police et de la gendarmerie, se sont produites dans les localités de Bingerville, Cocody, Azaguié, Fresco, N’Dotré, Adzoppé, et Songon. Les enquêtes diligentées ont conduit à l’arrestation de trente-cinq (35) personnes, et à l’identification de plusieurs autres, renseigne le CNS dans une note.

Autre précision de taille : « La plupart de ces personnes avaient déjà été impliquées dans des attaques similaires au cours de la période 2012 – 2014. Arrêtés et incarcérés, les mis en cause, avaient bénéficié d’une grâce, opérée dans le cadre du dialogue politique et du processus de réconciliation nationale« . Il s’agit toujours selon la même source, de « militaires » ou « miliciens« .

La haute instance sécuritaire déplore, dans ce sens, le fait que les mesures de clémence prises en vue de promouvoir la paix et la réconciliation, n’ont pas été comprises comme telles par ces individus qui « continuent de constituer des menaces pour l’intégrité physique et la quiétude des populations ainsi que pour la stabilité des Institutions de la République ».

Les autres assauts perpétrés dans les localités de N’Dotré, Azaguié et Adzopé ont mis en évidence, quant à eux, l’implication de démobilisés et de militaires, dont certains ont été mis aux arrêts.

Les informations recueillies au cours des enquêtes et des auditions, précise le CNS, « montrent clairement que ces attaques s’inscrivent dans un projet de déstabilisation impliquant notamment, des responsables politiques aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, plus particulièrement au Ghana« . Les instigateurs de ce projet de déstabilisation instrumentalisent et arment certains démobilisés et militaires déloyaux.

Autre phénomène marquant, les évasions massives de prisonniers. Depuis le 6 août dernier, des escapades de prisonniers sont survenues dans moult maisons d’arrêt et de correction de Gagnoa, Aboisso et Katiola ainsi qu’au Palais de Justice d’Abidjan-Plateau.

Les investigations en cours ont permis de mettre hors état de nuire un certain nombre de prisonniers évadés. Il s’agit, à titre d’exemple, de la récente évasion survenue à la maison d’arrêt et de correction de Katiola, où les enquêtes menées ont permis de neutraliser quarante- quatre (44) détenus sur les quatre-vingt-dix-huit (98) évadés.

Suite à cette opération, et pour manquement à leur devoir professionnel, des surveillants et régisseurs de ces établissements pénitentiaires, se sont vus infliger des sanctions. En outre, le CNS a pris des mesures visant à renforcer la sécurité autour des prisons.

L’année 2017, note-t-on, n’était pas au goût des décideurs en Côte d’Ivoire. Ce pays ouest-africain, se trouve contraint depuis des mois, à subir les conséquences les plus lourdes d’une morosité économique enclenchée suite à la chute drastique des cours mondiaux des matières première, en l’occurrence le Cacao, dont l’économie ivoirienne en dépend largement.

Remous sociaux et cherté de la vie, gestations politiques en prélude à l’échéance de 2020, et défis sécuritaires, telle est le triptyque auquel, la Côte d’ Ivoire devra faire face.

Othmane Semlali

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