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Société civile : quel engagement pour une action citoyenne solidaire?

Société civile : quel engagement pour une action citoyenne solidaire?

Dossier du mois

Témoignages de membres actifs de la société civile et du monde associatif

Moussa Elkhal, juriste, fondateur et président de l’association «SEME», conseiller juridique de l’ADJM

&

Faouzi Lakhdar-Ghazal, président de l’association «Savoir et Développement », docteur ès sciences biologiques, maître de conférences des universités à l’Université Paul Sabatier de Toulouse

Après les pouvoirs législatif, exécutif et médiatique, la société civile constitue le quatrième pouvoir qui permet des avancées significatives dans la prise des décisions politiques et de gestion qui vont dans le sens de l’intérêt général. Elle représente aussi, dans sa diversité, une grande partie de l’opinion publique et des valeurs qui ne sont pas assez prises en compte par les élus et par les pouvoirs publics. Que ce soit au niveau national ou international, la société civile a montré sa pertinence, son utilité et sa légitimité par les avancées obtenues dans différents domaines comme le climat ou la protection des mondes animal et végétal, le droit des femmes, celui des enfants, des minorités, des réfugiés, etc.

Elle devrait être considérée comme un partenaire à part entière des institutions, de l’état et du gouvernement, ainsi que des instances internationales.

De Facto, les actions de la société civile et son influence sont effectives et élargies au regard des décisions prises en matière de changement climatique à l’échelle mondiale, par exemple. C’est sous la pression de la société civile que la COP 21 a pris les décisions en matière de limitation de l’augmentation du réchauffement ou de financement. Des ONG sont aussi accréditées auprès des organismes internationaux comme l’ONU, et cela devrait inciter à une meilleure reconnaissance et à une plus grande prise en compte de leurs actions. Leur développement est le révélateur de l’incapacité des structures représentatives, gouvernementales, étatiques et internationales de prendre en compte les aspirations et les demandes des citoyens.

Néanmoins, On ne peut placer sur le même pied d’égalité, les réseaux sociaux et les ONG car ils n’obéissent pas aux mêmes réglementations et n’ont pas les mêmes représentativités des opinions, ni les mêmes contraintes. Pour prendre en compte les réseaux sociaux, il faudrait une réglementation internationale pour éviter les dérives que l’on sait en matière de haine raciale, de xénophobie ou encore de terrorisme. Le Tribunal Pénal international devrait avoir cette compétence et les moyens judiciaires et financiers nécessaires.

Cependant, la société civile ne peut, en aucune manière, se substituer aux formations politiques. Par contre, il y a effectivement besoin d’une société civile forte, structurée et coordonnée pour une meilleure prise en compte de l’opinion des citoyens et de l’intérêt général, ce que les médias ne sont plus à même de remplir pleinement comme fonction.

Plus encore, leur place et leur participation sont définies dans les articles 12-14 de la Constitution Marocaine de 2011, en particulier dans l’alinéa 3 de l’article 12 qui stipule que «Les associations intéressées à la chose publique, et les organisations non gouvernementales, contribuent, dans le cadre de la démocratie participative, à l’élaboration, la mise en oeuvre et l’évaluation des décisions et des projets des institutions élues et des pouvoirs publics. Ces institutions et pouvoirs doivent organiser cette contribution Conformément aux conditions et modalités fixées par la loi». Il est temps donc de les mettre en pratique par la mise en place des instances et des modalités nécessaires à leur participation effective, en en respectant l’esprit.

La société civile représente effectivement la voix du plus grand nombre, qui n’est plus tout à fait portée par les élus politiques, quelles que soient leurs structures, et devrait être prise en compte, sous réserve d’une définition précise de ce qu’est la société civile, car ce terme englobe beaucoup de structures diverses. Celles-ci ont besoin de critères de bonne gouvernance pour garantir leur représentativité et leur crédibilité.

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