Au Forum de Doha, Guterres souligne que la “coopération internationale fonctionne”

Au Forum de Doha, Guterres souligne que la “coopération internationale fonctionne”

Le Secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres, a livré, dimanche à Doha, un plaidoyer pour le multilatéralisme, la coopération internationale et le dialogue, tout en reconnaissant que les craintes des peuples et les défis auxquels ils sont confrontés doivent être pris en compte.

Le chef de l'ONU a conclu dimanche au Qatar un marathon diplomatique d’une semaine qui l’a mené dans quatre villes différentes sur les enjeux des migrations, de l’action climatique, de la paix au Yémen et du dialogue international. "Le dialogue est peut-être la ressource la plus précieuse - et de plus en plus rare - de notre monde aujourd'hui", a dit M. Guterres au dernier jour du Forum de Doha.

Lundi, le Secrétaire général a entamé une semaine intense de déplacements à Marrakech, où plus de 160 Etats ont adopté le Pacte mondial pour les migrations. Puis il est revenu à deux reprises – mercredi et vendredi - à la COP24 à Katowice, en Pologne, où la communauté internationale a adopté samedi les règles d’application de l’Accord de Paris sur le climat.

Entre ces deux missions en Pologne, le chef de l’ONU a effectué un aller-retour jeudi à Stockholm, en Suède, où les parties yéménites sont parvenues à un accord de cessez-le-feu sur la ville portuaire d’Hodeïda. "Chacune de ces journées souligne une réalité fondamentale du monde d’aujourd’hui (…) nous sommes confrontés à d’énormes défis qui ne peuvent être résolus par aucun pays seul", a souligné M. Guterres à Doha, cité par le Centre d’informations de l’ONU.

Changement climatique, migrations et réfugiés, multiplication des conflits interconnectés et en lien avec le terrorisme et la criminalité; impacts des nouvelles technologies. "La liste continue", a dit le Secrétaire général pour qui deux évidences s’imposent. "Premièrement, plus que jamais, nous avons besoin de réponses mondiales aux défis mondiaux", a-t-il dit. "Deuxièmement, plus que jamais, le multilatéralisme et la coopération internationale sont sous le feu des critiques".

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Le multilatéralisme est remis en question précisément au moment où nous en avons le plus besoin, a dit à Doha le chef de l’ONU qui voit dans ce paradoxe un "énorme déficit de confiance". "Le monde est plus connecté, mais les sociétés sont de plus en plus fragmentées. Les défis se développent, alors que beaucoup de gens se tournent vers l'intérieur", a-t-il déploré. Pour le chef de l’ONU, ce déficit de confiance est notable à plusieurs niveaux. "Confiance entre les gens et les institutions politiques.

Confiance entre les pays. Confiance dans les organisations internationales, à savoir l'ONU elle-même", a-t-il noté. "Et beaucoup profitent de cette aliénation et de cette méfiance", en référence aux mouvements populistes qui exploitent ce déficit de confiance et répandent des intox. "La marque la plus vendue dans notre monde aujourd'hui s’appelle la peur. Elle prend de la cote. Elle gagne des votes. Elle génère des clics", a dit M. Guterres Inégalités croissantes, stagnation ou baisse des revenus, escalade des différends commerciaux; dette croissante. Autant de maux qui alimentent "un sous-courant de tensions géopolitiques" qui augmentant la pression sur l'économie mondiale et sapent la stabilité et la cohésion sociale dans de nombreux pays du monde.

"Les gens s'interrogent à juste titre sur un monde où une poignée de personnes - principalement des hommes - possèdent la même (quantité de) richesse que la moitié de l'humanité", a déclaré le Secrétaire général. Un constat qui selon lui appelle à œuvrer pour une mondialisation équitable. "Nous avons le plan pour cette mondialisation équitable : le Programme de développement durable à l'horizon 2030 approuvé par tous les pays du monde", a-t-il rappelé.

Pour António Guterres, Il est essentiel que les Etats oeuvrent à la création d'une architecture multipolaire afin d'établir des facteurs d'équilibre diminuant les risques de confrontation, tout en rétablissant un système de gouvernance multilatérale et un ordre fondé sur des règles, l'état de droit et le respect des droits de l'homme.

"C’est le genre de monde dont nous avons besoin au XXIe siècle - un système international pleinement capable de répondre aux problèmes mondiaux par des solutions mondiales", a-t-il dit. A cet égard, le Secrétaire général a souligné que la capacité à prévenir les conflits est plus importante que jamais, insistant pour un renforcement de la diplomatie, mais aussi de la prévention et du maintien de la paix qui "doivent être nos principaux instruments communs".

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