CEDEAO : L’Institut royal des études stratégiques livre son analyse

CEDEAO : L’Institut royal des études stratégiques livre son analyse

Par Khadija Skalli 

L’Institut royal des études stratégiques (IRES) a rendu public son dernier rapport sur la migration africaine. Dans ce document riche de 284 pages, l’institut livre son analyse sur les flux migratoires en Afrique. L’auteur de ce rapport s’est intéressé de très près à la demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Eclairage.

 L’Institut royal des études stratégiques (IRES) livre son analyse sur les flux migratoires en Afrique. Dans ce dernier rapport, l’institut s’est intéressé de très près à la demande d’adhésion du Maroc à la CEDEAO.

Le 30 janvier 2017, le Maroc fait un retour triomphal à l’Union africaine. Quelques semaines plus tard, plus précisément, le 24 février 2017, le Royaume envoie à Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de l’organisation, sa demande d’adhésion à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Une décision légitime et dont les raisons sont multiples.

« Cette demande trouve ses raisons dans l’importance et l’ancienneté des liens entre le pays et nombre d’Etats membres de la Communauté ouest-africaine, lesquels se sont renforcés ces dernières années aux plans économique, politique et cultuel », explique l’IRES dans son rapport.

D’autres raisons fondamentales ont également joué un rôle dans cette décision. Il s’agit, selon l’IRES, de la mise en veille de la construction maghrébine pour plusieurs causes, dont le problème du Sahara n’est que la « partie émergée de l’iceberg ».

« Une éventuelle adhésion du Maroc à la CEDEAO n’est en rien incompatible avec la construction du Grand Maghreb ou de nature à la retarder ou l’empêcher si les vrais problèmes intramaghrébins et particulièrement algéro-marocains trouvent leurs solutions », analyse l’IRES.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont donné leur accord de principe à l’adhésion du Maroc lors du 51ème Sommet de la CEDEAO à Monrovia,  au Liberia, en juin 2017.

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A ce jour, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté ne se sont pas prononcés sur la demande marocaine. Quelles en sont les raisons ?

« Cela s’expliquerait par plusieurs raisons, notamment le temps qu’il faut aux instances compétentes de la Communauté pour étudier la demande et juger de l’impact de l’admission sur le processus d’intégration en cours, avec les difficultés que ce processus connaît », explique l’auteur du rapport.

« Le temps qu’il faut aux instances compétentes de la Communauté pour définir les conditions et les bases des négociations économiques, institutionnelles, politiques et sociales, notamment concernant les protocoles relatifs à la libre circulation des personnes. Sans oublier le temps de définir les délais nécessaires à l’entrée en vigueur de l’admission, la ou les périodes de transition selon les secteurs, voire les branches ».

Pour rappel, lors du 52ème sommet de la CEDEAO en décembre 2017, il a été décidé de mettre en place un Comité de Chefs d’Etat et de gouvernement composé du Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée et Nigeria, pour «adopter les termes de référence et superviser l’étude approfondie des implications de l’adhésion du Maroc à la communauté CEDEAO ». L’étude de la demande requit du temps.

Sans compter, ajoute l’IRES, l’analyse des arguments ayant poussé à l’opposition que cette demande rencontre au sein de certains milieux économiques et politiques, s’il ne s’agit pas d’une simple position de « principe », plutôt hâtive.

Dans une perspective où les intérêts de court terme priment, cette position est sans doute jugée « de bonne guerre » par ses défenseurs. La crainte de la concurrence économique marocaine en est l’une des raisons.

Il faudrait peut-être que les opposants soient convaincus que le Maroc, est aussi africain et ouest-africain, possède une identité plurielle et ouverte, conclut l’IRES.

« Il faudrait les convaincre que c’est là l’un des fondements de la diplomatie marocaine de ces dernières années, menée au plus haut niveau de l’Etat, y compris dans le domaine de la migration africaine ».

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