Enfants abandonnés, quel avenir ?

Dans un Maroc en évolution, doté d’une constitution ambitieuse sur tous les plans, il existe encore des enfants dont les droits ne sont toujours pas acquis. Enfants nés sous X, de parents méconnus, abandonnés, enfants de rue, leurs situations ne laissent personne indifférent. Les plus veinards d’entre eux, seront adoptés.

L’abandon est un traumatisme, une blessure qui ne cicatrise pas. Pour les enfants de parents inconnus, le plus souvent, ils ne sauront jamais quelle est leur histoire, qui sont leurs parents et quelle est la raison de leur abandon.

Au Maroc, Ils sont plus de 100 naissances d’enfants de pères inconnus, enregistrées chaque jour, a alerté le Centre marocain des droits de l’Homme CMDH dans un communiqué.

La société civile fournit des efforts énormes pour garantir aux enfants privés de leurs familles une vie décente. L’Etat, quant à lui, joue également un rôle important dans ce domaine, mais cela reste insuffisant. Dans une déclaration à nos confrères du Journal le Matin, Mme Asma Benslimane, fondatrice de l’association ‘’ Bébés du Maroc’’ a estimé qu’ « il faut procéder à la révision de la loi actuelle qui régit la kafala pour simplifier la procédure, jugée trop longue et compliquée, ce qui amène les demandeurs impatients de la kafala à abandonner leurs demandes à mi-chemin ».


Ce phénomène d’abandon s’explique par plusieurs causes, tenant aux conditions socio-économiques de beaucoup de familles marocaines, à la faiblesse des valeurs morales, à des raisons psychologiques, suite à des grossesses issues d’un viol, du très jeune âge des parents biologiques, de la découverte d’un handicap chez l’enfant dès l’accouchement…

Les enfants de rue sont estimés à 150 millions dans le monde, d’après les Nations unies. Les causes peuvent être multiples : violence, décès d’un parent, éclatement familial… sauf que le résultat reste le même ; ils se retrouvent obligés d’errer dans les rues. Certains survivent grâces à de petits boulots comme cireurs de chaussures ou vendeurs à la sauvette.

Ces jeunes sont tous exposés aux dangers, aux abus ou à l’exploitation, les plus vulnérables sont ceux qui vivent et dorment dans la rue.

Au Maroc, le nombre total d’enfants des rues est inconnu. Selon le Ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, ce chiffre évoluerait à, entre dix et trente mille enfants, en 2014. Il n’y a pas de recensement précis de ces enfants, et les seules sources sont des estimations provenant d’associations locales.


Le CMDH a récemment exhorté le nouveau gouvernement à prendre des mesures supplémentaires en termes d’étude approfondie sur les enfants de la rue et à implémenter « une politique publique démocratique et efficace » en mesure de venir à bout de ce phénomène.

Il est impératif aujourd’hui, que toutes les parties prenantes regardent ces réalités en face et prennent la décision d’agir en toute responsabilité dans le cadre de politique envers ces enfants en détresse, afin de leur garantir leurs droits fondamentaux et, notamment, leur droit à l’enfance.

 

 

C.O