Marrakech Safi : La mixité en entreprise débattue lors du 1er CRI Meeting Days

CRI

Lors du premier rendez-vous des CRI Meeting Days, tenu le 09 mars 2021, sous forme d’un webinaire, il était question de débattre de la Mixité en entreprise.

En effet, avec comme thématique principale « Mixité en entreprise : levier de performance et de pérennisation », ce rendez-vous mensuel initié par le Centre Régional d’Investissement de Marrakech Safi (CRI-MS), avec comme objectif de mettre sous les projecteurs une thématique importante pour la région Marrakech Safi, au profit des investisseurs et des entreprises de la région, a été l’occasion pour le CRI de Marrakech Safi de présenter ses propres réalisations en matière de diversité et mixité en entreprise.

A cet effet, Yassine Mseffer, directeur général du CRI de Marrakech Safi a précisé que « la réorganisation du Centre, suite à la loi 47-18 portant réforme des CRI, a permis le recrutement de nouveaux talents et le respect d’une parité parfaite de 50%, aussi bien au niveau de l’effectif global, des postes à responsabilité et de la rémunération ».

Ainsi, la rencontre a débuté par une mise en contexte de la mixité en entreprises, au Maroc et à l’étranger, par Doha Sahraoui, Professeure à l’Université Cady Ayyad, qui a partagé les constats et chiffres clés, notant qu’au Maroc « … réduire l’écart entre les hommes et les femmes de 25%, conduirait à une hausse du PIB de 5,4% à 8,6% » et d’ajouter que « les entreprises qui comptent 30% de femmes dans les postes d’encadrement résistent mieux aux crises, comme celle que le monde traverse actuellement ».

Des chiffres et des tendances confirmées par Aude de Thuin, Fondatrice de Women’s Forum & de Women in Africa, qu’elle confronte à l’exemple modèle du Nigéria, ou 40% des femmes sont entrepreneurs dans plusieurs secteurs comme l’aviation, l’agriculture, la santé ou encore l’éduction, un chiffre exceptionnel qu’on ne retrouve pas en Afrique de l’ouest où il correspond à 24% ou au Maghreb avec 11%, des taux faibles justifiés par une inadaptation de l’éco système et un manque de désire des femmes d’entreprendre, non pas par manque d’ambition, mais par difficulté de l’environnement et par peur de rejet ; des craintes qui peuvent être combattues en donnant la parole à des femmes modèles ayant réussies à s’affirmer malgré les nombreuses difficultés qu’elles ont rencontrées.


Une solution encouragée par Janie Letrot, secrétaire générale du Club des Femmes Administratrices (CFA), qui compte aujourd’hui 70 adhérentes, une association qui a pour mission de promouvoir l’accès des femmes aux organes de gouvernance publics et privés quel que soit leur parcours, et de rendre visibles les femmes administratrices en les accompagnant en formation et conseil afin d’arriver à une représentation plus équilibrée des genres. « Un projet de loi dans ce sens a été publié en Août dernier et prévoit qu’à l’horizon de 2023, les conseils d’administration des sociétés faisant appel public à l’épargne doivent comprendre un minimum de 30% de femmes », a-t-elle encore ajouté. Une très bonne nouvelle montrant la volonté du Maroc dans ce domaine.

A travers cette thématique, l’objectif du CRI de Marrakech Safi, était également de mettre à l’honneur les entreprises ayant une forte politique de mixité, de partager leurs retours d’expériences afin d’inspirer un plus grand nombre à suivre ces exemples modèles.

C’est dans ce sens que Younes El Mechrafi, Directeur Général de La Marocaine des Jeux et des Sports (MDJS), a rappelé la politique de son groupe dans l’encouragement et le soutien de la femme sportive à travers le Fonds National de Développement du Sport. « La MDJS a aujourd’hui un comité de direction à majorité féminine qui pilotent des services stratégiques et qui contribuent aujourd’hui à générer plus de 4,5 Milliards de dirhams par an. » a-t-il ajouté.

D’autres champions de la diversité et mixité en entreprises étaient présents. C’est le cas de la BMCI, groupe BNP Paribas, représentée par Aalya Ghouli, Directrice Marketing, Stratégie, Innovation et Digital qui a souligné que « La banque compte aujourd’hui 52% de femmes dans son effectif total, le résultat d’une volonté de l’entreprise d’adopter une culture de mixité ». A l’occasion, elle annoncé le lancement officiel de la fédération RESOFEM, un réseau composé de femmes et d’hommes qui a pour objectif l’intégration socio-économique des femmes et la promotion de l’employabilité et de l’entreprenariat féminin, des initiatives qui doivent s’inscrire dans la durée.


Les médias marocains accordent également une forte attention à l’égalité des genres. Khadija Boujanoui, présidente du « Comité Parité et Diversité » au sein de 2M a, dans ce sens, évoqué la réelle volonté du Maroc de donner à la femme marocaine la place qu’elle mérite. Fort de sa position en tant que média de masse, « 2M prend l’engagement d’accompagner les changements des mentalités et de combattre les clichés et stéréotypes qui empêchent la femme marocaine de prendre sa véritable place au sein de la société » a-t-elle aussi souligné. La chaîne applique cela à travers plusieurs actions, notamment l’intégration d’un critère « genre » dans les cahiers des charges, la création de la plateforme expertes.ma et la mise en place d’un monitoring de prise de parole et d’intervention de la femme.

« Pas de performance durable sans mixité », a, pour sa part, déclaré Hamid Bentahar, Président d’Accor Gestion Maroc et Président du Conseil Régional du Tourisme de Marrakech Safi, un groupe qui œuvre au quotidien pour l’égalité des genres et l’intégration de la femme dans le secteur touristique. Il cite notamment leur programme international RIISE, « pour représenter l’homme et la femme car nous sommes persuadés qu’il faut travailler main dans la main pour relever le défi ». RIISE est un réseau international qui accélère la mise en place de la politique de diversité et de mixité au sein du groupe Accor à travers des échanges et des formations au niveau mondial, un programme qui donne déjà des résultats positifs au niveau du Maroc, ou le pourcentage de représentation féminine moyen du groupe a été dépassé.

Au terme du débat, il a ainsi été convenu que « oui », la mixité en entreprise est un levier de performance et de pérennisation. Unanimes sur ce point, les intervenants se sont également accordés sur l’importance de mettre en place des quotas de mixité dans ce sens.