Nouveaux affrontements entre l’armée vénézuélienne et des manifestants à la frontière avec le Brésil

des manifestants

Après une accalmie relative, des nouveaux affrontements ont été enregistrés, dimanche après-midi, entre des manifestants vénézuéliens et l’armée de leur pays près de la frontière avec le Brésil, selon les médias locaux.

L’armée vénézuélienne et des manifestants se sont affrontés au niveau de la zone frontalière entre le Brésil et le Venezuela, près de la ville de Pacaraima, dans l’Etat de Roraima, où une partie de l’aide internationale destinée à atténuer la profonde crise économique et sociale que traverse la pays caribéen est stockée, rapporte le site d’information “G1” .

La Garde nationale bolivarienne a lancé des bombes lacrymogènes sur les manifestants, dont au moins trois ont atteint le territoire brésilien.

Au cours des manifestations, une ambulance vénézuélienne transportant trois blessés par balles est entrée sur le territoire brésilien, précise la même source.

La première confrontation a eu lieu samedi après-midi, lorsqu’une base de l’armée vénézuélienne a été attaquée au Molotov par des manifestants à la frontière avec le Brésil.


Suite à l’escalade des violences, l’armée brésilienne stationnée à la frontière a ordonné aux manifestants de quitter la zone d’affrontement.

Vers 14h50 (HL), deux véhicules de la Force nationale et des agents de la police fédérale des routes sont arrivés à la frontière, ont constaté les médias, selon lesquels c’est la première fois que la Force nationale est activée depuis la fermeture de la frontière, jeudi, sur ordre du régime chaviste.

Peu de temps après, l’armée brésilienne a créé une sorte de barrière de confinement à environ 50 mètres de la frontière avec le Venezuela en vue d’empêcher la poursuite des violences entre les manifestants et la Garde nationale bolivarienne.

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La barrière doit rester en place jusqu’à la fin des tensions, a indiqué le colonel José Jacaúna, de l’armée brésilienne, en relevant que cette mesure vise à “éviter les affrontements et à garantir l’intégrité physique de tous ceux qui se trouvent ici”.

Peu de temps avant l’affrontement, les manifestants ont scandé des slogans contre le gouvernement Maduro.

“Ne tirez pas sur le peuple vénézuélien qui veut la libération de son pays!” cria un manifestant. La Garde nationale s’est approchée du territoire brésilien et la confrontation a commencé plus tard.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le ministère des Relations extérieures a publié un communiqué condamnant les actes de violence perpétrés par le régime de Caracas au niveau de ses frontières avec la Colombie et le Brésil.


“Le Gouvernement brésilien condamne avec la plus vive vigueur les actes de violence perpétrés le 23 février par le régime illégitime du dictateur Nicolas Maduro aux frontières du Venezuela avec le Brésil et la Colombie, qui ont fait plusieurs morts et des dizaines de blessés”, précise le ministère.

Et d’ajouter que “le recours à la force contre le peuple vénézuélien, qui souhaite recevoir une aide humanitaire internationale, illustre définitivement le caractère criminel du régime de Maduro. Il s’agit d’une attaque brutale contre les droits de l’homme, qu’aucun principe du droit international ne justifie”.

Dans ce contexte, le Brésil a appelé la communauté internationale, en particulier les pays qui n’ont pas encore reconnu le président par intérim Juan Guaidó, à “se joindre à l’effort de libération du Venezuela en reconnaissant le gouvernement légitime de Guaidó et en exigeant que les violences perpétrées par les forces du régime cessent”.

Samedi, deux sergents de la Garde nationale bolivarienne ont fait défection vers le Brésil, en traversant la frontière près de Pacaraima, le seul passage terrestre formel entre les deux pays.


Les deux militaires ont été accueillis dans un refuge de l'”Opération Acogida” (Opération Accueil), une initiative lancée en 2018 par le gouvernement brésilien pour accueillir des milliers de Vénézuéliens fuyant la crise politique, économique et sociale dans leur pays. Ils sont traités comme des réfugiés au Brésil, ont indiqué les médias locaux.