Un parti politique algérien déplore l’existence de «fissures inquiétantes» au sommet de l’Etat

Un parti politique algérien déplore l'existence de «fissures inquiétantes» au sommet de l’Etat

La Secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a affirmé qu’«il y a des signes de l’existence de fissures inquiétantes au sommet de l’Etat», des divisions qui mettent à mal la stabilité et la cohésion du pays.

Intervenant lors du 7e congrès du PT, tenu le weekend, Mme Hanoune a estimé que la préservation de la paix et de l’indépendance nationale sont incompatibles avec le maintien du système en place, notant que le désaccord entre les différentes parties composant le pouvoir actuel constitue un «danger» pour le pays, en ce sens que les institutions de l’Etat risquent de connaître à nouveau l’instabilité.

Elle considère que «ni la prolongation du règne de Bouteflika», ni le report de la présidentielle, comme le demande le parti islamiste MSP, ne constituent une solution pour la crise que connaît l’Algérie.

«A la lumière de la situation et des dangers que fait planer le système en place sur le pays, il ne peut donc s’agir que d’opérer la rupture avec le statu quo mortel, avec le système périmé depuis 1988, dans le cadre d’une refondation politique, nationale, institutionnelle et donc constitutionnelle», soutient la Secrétaire générale du PT.

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Arguments à l’appui, elle a dressé un constat alarmant de la situation politique et économique du pays, attribuant nombre de dérives au régime en place, comme la “mafiotisation” de l’économie, l’émergence d’une oligarchie prédatrice, le développement de la corruption, le démantèlement du secteur public, la politique d’austérité et le délitement des institutions.

«Les institutions de l’Etat semblent dépourvues de boussole politique, navigant à vue (…) depuis le début de l’année, les désaccords au sommet de l’Etat sur l’orientation économique sont publics», regrette-t-elle.

Louisa Hanoune a également remis sur la table son projet d’une «Assemblée constituante» dans le but de reconstruire le consensus national, estimant que c’est la seule manière de consacrer la souveraineté du peuple afin qu’il définisse la nature des institutions qu’il veut.