Mohammed VI, solidaire et mobilisateur d’une Afrique unie et prospère

S’il fallait de nouveau une preuve supplémentaire de l’attachement du Roi Mohammed VI à l’Afrique et à ses peuples, la visite officielle qu’il entreprend au Sénégal et l’annonce de la prochaine en Ethiopie viennent nous le confirmer. On ne compte guère les tournées royales depuis son accession au Trône en juillet 1999. Elles dépassent la dizaine et recouvre une aire géographique chaque fois plus élargie et diversifiée. Rien que pour le Sénégal, c’est la troisième du genre, marquée par une empreinte particulière parce que le Maroc célèbre à Dakar le 41ème anniversaire de la Marche verte, et que le Roi y a prononcé un discours majeur et fondateur. Plus qu’un symbole pour sceller de nouveau un destin maroco-africain, l’enraciner dans une culture de partenariat stratégique et multidimensionnel : économique, politique, social, cultuel et humain.

Si le discours des chancelleries , des gouvernements et des responsables du monde entier tend de plus en plus à affirmer que l’Afrique est désormais le nouveau chantier de la croissance et le futur marché porteur mondial, il ne vient que confirmer l’intérêt que le Souverain avait déjà affiché il y a plus de deux décennies. Sauf qu’il s’y rend non pas en « néo-conquérant » , exclusivement tourné vers les marchés potentiels, mais en ami, attaché aux peuples du continent avec lesquels il entretient une relation plus qu’affectueuse, solidaire, constructive, de partage et de considération. Les Africains , à quelque niveau qu’ils soient, peu importent également leur rang et leur statut, vouent au Roi du Maroc plus que de l’admiration, mais une attachement qui n’a d’égal que son engagement à les accompagner dans leur combat pour le développement et la liberté.

C’est un quasi euphémisme que celui du « Mohammed VI l’Africain » ! Peut-être eût-il été plus approprié de dire « un militant » de l’Afrique, de son épanouissement, du droit de ses peuples et de leur dignité. Il convient de souligner, en effet, que peu de temps après son accession au Trône, moins de deux ans , et dans la foulée des changements majeurs, Mohammed VI a tenu à se rendre en Afrique, notamment en visite officielle au Sénégal. Il a posé les jalons de la nouvelle politique africaine du Maroc, en même temps qu’il a marqué une rupture avec ce que certains se sont mis à interpréter comme un « splendide isolement du Maroc à l’égard de l’Afrique » ! Plus tard, il s’était rendu à plusieurs reprises au Gabon, de nouveau  au Sénégal, en Guinée Equatoriale, au Niger, en Guinée Conakry, au Congo Brazzaville, au Mali, en RDC (République démocratique du Congo)…

Ces visites différentes et répétées confirment l’orientation personnelle qu’il imprime aux choix diplomatiques du Maroc. Autrement dit, la volonté de mettre en place un axe multilatéral privilégié entre Rabat et les capitales du continent. Mais aussi de renforcer l’édifice du partenariat interafricain et le recentrage Sud-Sud qui en est le pilier. Le Maroc apporte avec lui une expertise – technique et financière – au large spectre, puisqu’elle recouvre des secteurs comme l’habitat, le transport, la santé et notamment l’agriculture, comme en témoigne l’accord sur ce secteur que viennent de signer lundi 7 octobre à Dakar les deux pays. Le Maroc propose une coopération multiforme, au niveau des Etats et des gouvernements comme aussi à celui des secteurs privés. Les banques principales comme BMCE Bank, notamment à travers la Bank Of Africa ( BOA) , Attijari Wafabank, le Crédit Agricole du Maroc (CAM) et la BCP se font , c’est le cas de le dire, le coude à coude et développent leurs activités dans le continent. Maroc Télécom est présent au Mali, au Gabon, au Burkina Faso et en Mauritanie, avec un chiffre d’affaires qui fait pâmer d’envie plusieurs de ses concurrents internationaux.


De leur côté , les sociétés de construction comme et autres d’assurances, participent aux projets nationaux d’habitat, tandis que la Royal Air Maroc, transformée en hub, dessert la quasi-totalité des capitales francophones et joue le rôle de seul transport transnational. Sans doute faudrait-il rappeler , autre volet significatif, que le groupe OCP lance désormais une véritable politique novatrice en matière de développement agricole qui est aujourd’hui aux pays africains ce que l’indépendance alimentaire est aux peuples en quête d’amélioration alimentaire. Il met à leur disposition les engrais et les technologies de pointe pour leur fructification, de manière à assurer les meilleurs rendements agricoles qui les mettent à l’abri des effets de sécheresse et d’autres aléas. Les groupes comme Holmarcom, ceux de la phramacie sont également à pied d’œuvre en termes d’investissements, leurs dirigeants figurent sur la liste des déplacements de S.M. le Roi de manière régulière, comme aussi dans le cadre des délégations de la CGEM qui est le cœur battant des investissements privés.

Il convient de rappeler, comme le souligne une note du ministère de l’Economie et des finances, que l’intérêt du Maroc pour les pays d’Afrique s’est concrétisé par l’adoption d’une stratégie envers les pays les moins avancés (PMA) du Continent. En effet, lors de la conférence du Caire du sommet Europe-Afrique en 2000, le Maroc a procédé à l’annulation de la dette des pays africains les moins avancés, tout en exonérant totalement leurs produits des droits de douane à l’entrée du marché marocain dans le cadre de l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE). En plus des aides urgentes, le Maroc accorde environ 300 millions de dollars par an à ses amis africains au titre de l’aide publique au développement (APD), soit 10% de la totalité de ses échanges avec l’Afrique. Il est à signaler que les visites effectuées par Sa Majesté le Roi dans plusieurs pays africains et les initiatives prises ont permis de promouvoir davantage les liens avec nos partenaires subsahariens, débouchant sur la signature de plus 500 accords en une décennie avec plus de 40 pays.

Pour les opérateurs économiques notamment, l’Afrique est depuis quelques temps une sorte de niche. Ils reluquent avec intérêt les secteurs à forte valeur ajoutée, comme le transport et la logistique, les investissements notamment des infrastructures, le transfert de technologies, le bâtiment et la construction. Il ne faut guère oublier que les échanges du Maroc avec l’Afrique a été ces dernières années de l’ordre de plus de 25%. La coopération prend aussi sa dimension à travers la décision du Roi Mohammed VI d’avoir en 2001 exonéré totalement des droits d’importation les produits de base, en provenance de 34 pays d’Afrique.

Conjuguée à une vision solidaire et humaine, cette implication du Maroc en Afrique fait de lui un partenaire privilégié. Au Sommet France-Afrique du Caire, le Roi Mohammed VI a annoncé la décision d’annuler officiellement en 2000 la dette de certains Etats africains contractée auprès du Maroc. Ce fut-là non seulement une décision à grande dimension symbolique, mais la preuve que notre pays place sa relation avec l’Afrique comme l’une des priorités de sa politique étrangère et le partenariat  solidaire avec ses peuples comme un credo…De même, à considérer leur nombre de plus en plus significatif, la présence au Maroc d’une communauté de ressortissants en provenance de plusieurs pays d’Afrique, étudiants inscrits dans les universités et les instituts, employés dans les secteurs des nouvelles technologies, commerçants, vendeurs des produits artisanaux qui accèdent au marché marocain sans payer les droits de douane, donne la mesure réelle de l’interpénétration maroco-africaine.

C’est d’une complicité Maroc-Afrique qu’il faut parler, parce qu’elle transcende les politiques officielles, quand bien même le Maroc ne ferait plus partie de l’Union africaine (UA), héritière de la défunte OUA qu’il a quittée en novembre 1984. Aujourd’hui, il revient en force, appuyé par la plus grande majorité des membres de l’UA, pour reprendre sa place que personne ne lui ravira ! Sa place naturelle qui lui revient en tant que pays fondateur, en tant que confluent stratégique, investisseurs et unificateur des rangs.


Hassan Alaoui est le Directeur de la publication de « Maroc diplomatique » , il a dirigé pendant de longues années la rédaction du quotidien « Maroc Soir » et du « Matin » . Il a été aussi éditorialiste des mêmes titres. Il a collaboré à plusieurs autres titres de presse. Auteur du livre « Guerre secrète au Sahara occidental », il suit et analyse pour nous l’actualité politique, nationale, régionale et internationale.