Egypte : Hosni Moubarak témoigne au tribunal face à l’ex-président Morsi

Hosni Moubarak

Par Saad Bouzrou

L’ancien président Hosni Moubarak, déchu suite aux soulèvements populaires survenus avec le mouvement du printemps arabe, a été entendu comme témoin mercredi à un procès face à l’ex-président Mohamed Morsi.

Nonagénaire et sénescent, Hosni Moubarak est entré au tribunal de la prison de haute sécurité du sud du Caire, à l’appui d’une canne et accompagné de ses deux fils. Mohamed Morsi est, quant à lui, assis dans le box des accusés comme toutes les autres figures des Frères musulmans qui attendent leur jugement.

Mohamed Morsi et les autres frères musulmans y sont inculpés pour de lourdes accusations : intelligence avec des puissances étrangères, meurtre ou encore sabotage lors des manifestations populaires de 2011 qui ont poussé Hosni Moubarak à renoncer au pouvoir. Morsi et les autres accusés avaient été condamnés à mort en première instance avant que le jugement ne soit réfuté par la cour de cassation.

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Hosni Moubarak a été interrogé par le juge Mohamad Sherine Fahmy sur la question de savoir si l’ancien chef d’Etat a « des informations sur la violation des frontières Est du pays entre le 25 et le 28 janvier 2011 ? ». En réponse, Hosni Moubarak a accusé les Frères musulmans de complicité avec le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

« Le général Omar Soliman, directeur des renseignements généraux, m’en a informé le 29 janvier. Il m’a dit que 800 combattants armés venant de Gaza, Hamas, avaient violé la frontière pour porter atteinte à la sécurité de la nation et augmenter le chaos. Ils ont coopéré avec les Frères musulmans. Ils ont fait usage de leurs armes contre les commissariats du Sinaï avant de se répandre dans le reste du pays. » a-t-il dit à ce sujet.

Hosni Moubarak ajoute que ces hommes surarmés auraient même tiré sur les manifestants de la place Tahrir. « Ils se sont dirigés vers les prisons pour faire sortir les prisonniers du Hezbollah, du Hamas et des Frères musulmans. Ils se sont aussi rendus sur les grandes places et sont montés en haut des immeubles pour tirer sur les manifestants. Notamment à la place Tahrir. »