Le Maroc en quête d’un modèle d’État social performant et inclusif

Le Maroc aspire à construire un modèle d’État social qui réponde aux besoins et aux attentes de ses citoyens, dans le respect de son histoire, de sa culture, de ses valeurs et de ses ressources. C’est ce qu’a affirmé le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Reda Chami, lors du 6ème Forum Maroc Aujourd’hui, organisé à Casablanca sous le thème “Vision d’un roi : l’État social – en voie d’achever un Maroc inclusif”.

Selon le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Reda Chami, le modèle d’État social doit reposer sur quatre axes fondamentaux : la priorisation du citoyen, l’évaluation des politiques publiques, la convergence des programmes et des acteurs, et la mobilisation des ressources financières.

Pour Chami, le citoyen doit être placé au cœur du modèle d’État social, en tant que bénéficiaire et acteur des politiques sociales. Cela implique de réduire les disparités sociales, territoriales et de genre, de lutter contre la pauvreté et l’exclusion, de renforcer la résilience des populations face aux aléas, de promouvoir le dialogue social et la participation citoyenne, et de favoriser l’emploi et l’entrepreneuriat.

Chami a rappelé que le Maroc a réalisé des progrès significatifs dans le domaine social ces dernières années, grâce aux orientations royales et aux réformes engagées. Il a cité notamment l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), la généralisation de la couverture sociale, la réforme du système éducatif, ou encore la mise en place du nouveau modèle de développement (NMD).

L’évaluation des politiques publiques

Le deuxième axe concerne l’établissement de critères d’évaluation des politiques publiques relevant de l’État social, qui permettraient de mesurer leur efficacité, leur efficience et leur impact. Chami a plaidé pour la création d’un observatoire indépendant chargé de réaliser cette évaluation et de rendre compte aux citoyens et aux décideurs.

Chami a également souligné l’importance de la transparence et de la reddition des comptes dans la gestion des affaires publiques, ainsi que du renforcement du rôle du Parlement et de la société civile dans le contrôle et le suivi des politiques sociales.

La convergence des programmes et des acteurs

Le troisième axe vise à assurer une meilleure coordination entre les différents programmes et acteurs impliqués dans le champ de l’État social, afin d’éviter les doublons, les chevauchements et les incohérences. Chami a appelé à la mise en place d’une instance nationale chargée de définir les orientations stratégiques, les priorités et les objectifs de l’État social, ainsi que les modalités de sa mise en œuvre.

Chami a également insisté sur la nécessité d’une approche territoriale et participative dans l’élaboration et l’exécution des politiques sociales, en tenant compte des spécificités locales et en impliquant les acteurs régionaux et locaux.

La mobilisation des ressources financières

Le quatrième axe porte sur la mobilisation des ressources financières nécessaires au financement du modèle d’État social. Chami a reconnu qu’il s’agit là d’un défi majeur, compte tenu de l’ampleur des ambitions affichées et du caractère limité des ressources disponibles. Il a toutefois estimé qu’il existe des marges de manœuvre pour optimiser les dépenses publiques, diversifier les sources de financement et mobiliser davantage le secteur privé.

Chami a également plaidé pour une réforme fiscale qui soit plus juste, plus progressive et plus incitative, ainsi que pour une lutte efficace contre la fraude, l’évasion et l’optimisation fiscales.

Une responsabilité partagée

Chami a souligné que la construction d’un État social performant et inclusif est une responsabilité partagée entre le gouvernement, les institutions, le secteur privé, les citoyens, les médias et toutes les forces vives de la nation. Il a appelé à une mobilisation collective et à une adhésion populaire autour de ce projet, qui constitue un facteur de stabilité, de cohésion et de développement du pays.

Le 6ème Forum Maroc Aujourd’hui a été l’occasion de débattre des enjeux et des perspectives de l’État social au Maroc, en présence de plusieurs personnalités politiques, économiques, sociales et académiques. Le forum a été organisé par le Groupe Le Matin, en partenariat avec le CESE et avec le soutien du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports.

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